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Imaginez un état qui conclut en masse des accords fiscaux secrets à des multinationales dans un contexte de crise sévère qui réduit le pouvoir d’achat de chacun. Pas besoin d’avoir une imagination débordante. C’est ce qui s’est passé au Luxembourg entre 2002 et 2010.

En effet, 340 firmes transnationales dont Apple, Amazon, Heinz, Ikea, Pepsi et les françaises Axa et le Crédit agricole ont bénéficié de taux d’imposition extrêmement bas, parfois jusqu’à moins de 1% de leurs bénéfices. Des cadeaux fiscaux à outrance afin de rendre plus attrayante l'implantation financière au Grand-Duché aux détriments des pays alentours et de faciliter en même temps les transferts fictifs d'activité vers de vrais paradis fiscaux.

Le plu grotesque est que ces accords ont été passés lorsque Jean-Claude Juncker, nouveau patron de la Commission européenne, était Premier ministre puis ministre des Finances du Luxembourg. Une situation embarrassante pour ce pays et pour l’Europe qui semblent proposer des politiques absurdes et contraires. Alors que certains pays européens parviennent peu ou prou à consolider leurs budgets, des pays comme le Luxembourg vide une bonne partie des recettes fiscales potentielles pour combler le manque à gagner financier.

De même, le G20 a récemment chargé l’OCDE de travailler sur un plan d’action dont les premières mesures ont été prises en septembre dernier. De plus, mercredi 29 octobre dernier, à Berlin, plus de 80 pays se sont engagés à un échange automatique d’informations fiscales d’ici 2017-2018. Des mesures vaines si, dans le même temps, les pays européens les plus riches laissent fuir l’argent utiles aux services publics des citoyens. Car à travers ces évasions, ce sont nos futures routes, nos futures écoles et nos prochains centres hospitaliers qui disparaissent.

L’Europe ne peut se construire qu’avec une harmonisation fiscale et sociale complète et les représentants de cette Europe doivent véhiculer cette idée. Elle est le gage d’une unité européenne, d’une meilleure répartition des richesses pour que diminue le fossé entre pays riches et pauvres. Jean-Claude Juncker devra répondre de ses responsabilités.

Il faudra éventuellement que soit envisagé un changement d’équipe à la tête de l’Union. Il faudra aussi que les grosses entreprises tricheuses nous remboursent à nous, Européens ! Si l’Europe ne sert qu’à nous avoir à coup de doctrine budgétaire, qu’à coup de mensonge à quoi bon continuer ?